Former et informer

Marins d’eaux pas si douces

Accidents – Le Congo est connu pour être l’un des fleuves les plus dangereux au monde. Tobias Mohn et Marianita Palumbo écrivent (dans « Naviguer le Fleuve Congo », 2013) :

« La pluie tombe à flots sur les tentes et contre la structure rouillée et fissurée des bateaux souvent fabriqué dans les années 60. Il arrive que l’on ne voie plus rien à quelques mètres de distance. Un matelot à la proue du bateau mesure avec un long bâton en bois la profondeur de l’eau du fleuve dont le lit est parsemé de banc de sable et de rochers. Un autre communique à distance au capitaine ce qu’il voit à la surface de l’eau. Les bateaux oscillent dangereusement dans les eaux mouvantes du fleuve qui, par endroits, atteint une largeur d’une dizaine de kilomètres. Impossible de s’orienter et même d’entrevoir les berges. Les pirogues accrochées aux flancs des convois sont retournées par la tempête, comme la cabine des toilettes à l’arrière du bateau et tout autre objet, marchandise ou individu mal accro­ché. Il ne reste aux hommes qu’à se jeter dans le fleuve pour récupérer leurs affaires tombées à l’eau, mais la plupart des passagers, parmi lesquels beaucoup de femmes et d’enfants, ne savent pas nager et souvent il manque les gilets de sauvetage à bord… »

Des scènes comme celle-ci se passent fréquemment sur le fleuve Congo. Selon les statistiques de la CICOS, entre 2008 et 2012, plus de 5.500 personnes ont perdu la vie dans des accidents sur le fleuve et des accidents avec plus de 100 morts ne sont pas rares.

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Former – Dans plus de 30% des cas, ces accidents sont dus à des défaillances du personnel navigant. Le grand nombre de personnel sans formation spécialisée, le vieillissement de l’équipage qualifié et le manque de formation des équipes administratives sont responsables du retard accumulé par le secteur du transport fluvial du Congo qui demeure bien en deçà de son potentiel.

Fort de ce constat, la CICOS, avec l’appui de la Coopération allemande, a créé le Centre Régional de Formation en Navigation Intérieure (CRFNI) en 2007, dans les anciennes installations de l’Ecole de Navigation de l’ex-ONATRA, afin de former un personnel naviguant et administratif capable de répondre aux exigences du secteur de la navigation intérieure (voir Partie CRFNI).

Informer – La plupart des capitaines naviguent sans l’album de naviga­tion et n’utilisent pas d’autres repères, mis à part leur connaissance du fleuve et une liste écrite à la main qui enregistre les distances entre les villages dans le tron­çon du fleuve qui sépare Kinshasa et Kisangani.

La bathymétrie de la Sangha et de l’Oubangui restent obscures. Les albums de navigation de ces rivières ne sont que de simples esquisses sans précisions. D’une manière générale, la CICOS travaille à revoir, actualiser et mieux préciser la cartographie générale des voies navigables, et réfléchit à documenter en données bathymétriques les passages les plus dangereux.

En outre, en collaboration avec les services compétents de ses Etats membres, elle développe des bases de données pratiques sur plusieurs aspects :

 

L’analyse multi-critères de ces données devra permettre une expertise et un conseil pertinent aux Etats pour élaborer les solutions ad hoc aux problèmes aigüs auxquels ils doivent faire face s’ils veulent développer le secteur de la navigation.

 

(Sources : Site du Service Commun d’Entretien des Voies Navigables http://gie-scevn.com/; Plan d’Action Stratégique pour la promotion de la navigation dans le Bassin du Congo, CICOS, 2007 ; « Naviguer le Fleuve Congo », Tobias Mohn et Marianita Palumbo, 2013)